Guidelines de design pour l’IA

Les 3 axes principaux : Confiance et Acceptabilité, Transparence, Autonomie du système IA

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Guidelines de design pour l’IA

Principe I : Confiance et Acceptabilité

Ce que couvre ce principe

Ce principe gouverne la décision de l’utilisateur d’adopter durablement le système ou de l’abandonner. Un niveau de confiance trop faible produit une non-utilisation. Un niveau de confiance trop élevé produit une dépendance excessive et une perte de compétence chez l’utilisateur.

L’objectif est, donc de calibrer la confiance de l’utilisateur sur la fiabilité réelle du système.

L’acceptabilité découle de cette confiance bien calibrée. Un système peut être fiable sans être accepté, s’il ne s’intègre pas au flux de travail réel de l’utilisateur ou ne laisse aucune place à sa contribution.

Guideline 01 : Présenter un indicateur de fiabilité

Le système doit présenter un indicateur de fiabilité de la réponse et doit adapter le ton de sa réponse au niveau de confiance affiché s’il répond en langage naturel.

Exemple

L’utilisateur doit pouvoir identifier rapidement, avant de lire la réponse, le niveau de confiance retourné par le système.

Guideline 02 : Rendre les sources accessibles et consultables

Tout résultat dérivé d’un document, d’une base de données ou d’un contenu externe permet à l’utilisateur d’ouvrir et de consulter la source d’origine. En l’absence de source le système le mentionne explicitement.

Exemple

Un technicien de maintenance qui fait d’intervention en temps réel sur un équipement industriel accède, directement depuis les recommandations IA, à la fiche technique de l’équipement, à la procédure de sécurité associée et à l’historique des interventions précédentes qui ont servi à formuler la suggestion, avant d’engager toute action sur le terrain.

Guideline 03 : Formuler clairement les limites de connaissance du système

Quand le système n’a pas la réponse, n’a pas accès à une donnée nécessaire, ou dépasse le périmètre de ce qu’il peut garantir, il le formule en langage clair.

Exemple

  • Un assistant de rédaction administrative indique explicitement quand une réglementation citée n’a pas pu être vérifiée.
  • un assistant dédié à la maintenance signalerait clairement qu’une demande de recette de cuisine dépasse le cadre de ses attributions.

Guideline 04 : Guider l’utilisateur sur l’utilisation du système

Le système dispose de mécanismes aidant l’utilisateur se familiariser avec l’outil et mettant en évidence ses différentes fonctionnalités.

Pour garantir des réponses cohérentes et pertinentes, les utilisateurs doivent être guidés dans la formulation de leurs demandes.

Exemple

Le système suggère des questions à poser et des formulations adaptées pour ces questions

Guideline 05 : Offrir systématiquement une voie de correction

Tout contenu généré peut être régénéré, modifié ou rejeté par l’utilisateur en une interaction.

Sans mécanisme de correction rapide, l’utilisateur peut accepter un résultat insatisfaisant ou abandonner, ce qui dégrade la valeur perçue du produit et risque la diffusion d’un contenu erroné.

Exemple

Un agent public qui reçoit une réponse insatisfaisante d’un assistant de rédaction peut demander une nouvelle version en formulant simplement ce qui ne convient pas, par exemple en signalant qu’une référence citée est obsolète, plutôt que de devoir reformuler entièrement sa demande initiale depuis le début.

Guideline 06 : Co-concevoir avec les utilisateurs

Cette règle constitue un prérequis de processus, non une exigence d’interface, et conditionne l’attribution du label produit Berger-Levrault IA. Avant de concevoir une fonctionnalité IA, l’équipe produit organise des sessions avec les utilisateurs finaux du métier concerné pour éviter heurter des pratiques métier établies.

Guideline 07 : Intégrer une boucle de retour visible dans l’usage quotidien

L’utilisateur dispose d’un moyen rapide de faire des retours sur les différentes fonctionnalités du système. Ces retours doivent être peu coûteux cognitivement afin d’éviter un abandon de la part de l’utilisateur.

Lorsque les retours sont pris en compte ils doivent être communiqués clairement aux utilisateurs afin de renforcer la confiance et éviter que les utilisateur arrêtent de faire de retours.

Il est nécessaire de fournir aux équipes de développement une indication exploitable sur la nature exacte du problème plutôt qu’un simple jugement global sans inciter un grand effort mental de l’utilisateur.

Exemple

Plutôt qu’une notation par étoiles ou un simple pouce levé, le système doit permettre l’utilisateur de fournir un retour explicit sur le faite qu’une réponse est trop longue ou ambiguë.

Guideline 08 : Donner la possibilité de paramétrage à l’utilisateur

Donner la possibilité à l’utilisateur de personnaliser son interaction avec le système en grâce un une configuration de préférences et/ou éléments de contexte.

Exemple

L’utilisateur peut enregistrer son corps de métier et préciser s’il préfère des réponses concises ou très détaillées.

Guideline 09 : Indiquer le paramétrage géré par la société

Rendre visible les paramètres que la société a déjà configuré et l’utilisateur ne peut pas outrepasser

Exemple

Certain paramétrage de sécurités sont géré par la société. Ils sont visible a titre indicatif mais l’utilisateur ne peut pas les modifier

Principe II : Transparence

Ce que couvre ce principe

Ce principe gouverne la visibilité de ce que fait le système, sur quelle base, et selon quelle logique de données. Berger-Levrault opère dans des secteurs régulés, avec des données sensibles de citoyens, de patients et d’élèves. La transparence sort donc du concept d’un simple confort d’usage et devient en plus une exigence de gouvernance qui se décline à deux niveaux, celui de l’interaction et celui des données.

Partie A : Transparence de l’interaction

Guideline 01 : Rendre visible l’activité en cours de l’IA

Quand un agent exécute une tâche, l’interface montre une trace visible du déroulement de manière synthétique plutôt qu’une réponse finale opaque. L’activité affichée à l’utilisateur est réduite au minimum et adapté au métier concerné avec la possibilité d’interrompre le traitement.

Le raisonnement du système est aussi visible dans la réponse finale.

Exemple

Un agent IA qui traite une série de dossiers affiche en temps réel ce qui a été lu, ce qui a été fait, ce qui va être fait.

Guideline 02 : Identifier en permanence le contenu généré par l’IA

Tout contenu produit ou modifié par le système porte un marqueur visible, dans un document, un email, un rapport ou un enregistrement en base. Ce marqueur persiste au moins jusqu’à l’application d’une validation humaine explicite.

Guideline 03 : Rendre la proactivité de l’agent IA compréhensible et contrôlable

Toute action proactive d’un agent IA est accompagné d’une justification. Une action déclenchée sans explication visible empêche l’utilisateur d’évaluer sa pertinence.

En fonction du niveau d’autonomie de l’agent IA, il peut nécessiter une validation de l’utilisateur avant de poursuivre.

Cette justification reste visible et accessible

Exemple

Un agent IA de maintenance suggère à un technicien de remplacer une pièce. S’il ne reste qu’une seule pièce en stock, il indique qu’il déclenchera automatiquement une nouvelle commande après le remplacement, afin d’éviter une rupture de stock. La justification est visible et permet au technicien de confirmer ou d’annuler la commande.

Guideline 04 : Agir sur l’intention implicite sans alourdir l’interaction

Lorsque le système détecte une intention implicite de l’utilisateur et décide de lancer une action, l’interface montre son interprétation de l’intention avant l’exécution, afin que l’utilisateur puisse corriger une potentielle mauvaise interprétation avant l’exécution d’une action.

Exemple

Un technicien écrit : « La pompe hydraulique affiche toujours une erreur de température. » L’agent cherche dans la documentation et propose directement ce que doit être fait pour réparer la pompe, sans demander explicitement confirmation de son intention, tout en permettant au technicien de corriger ou d’arrêter l’action.

Partie B : Transparence des données et du modèle

Guideline 05 : Rendre accessible l’information sur les modèles utilisés

Afficher les modèles utilisés pour que l’utilisateur puisse y avoir accès s’il le souhaite.

Principe III : Autonomie du système IA

Ce que couvre ce principe

Ce principe gouverne le partage d’initiative entre l’humain et le système. C’est le principe qui structure le plus directement le cadre HAT déjà défini, ainsi que la distinction AI-First et AI-Added.

Chaque fonctionnalité est positionnée sur l’échelle Passif, Contextuel, Proactif, Autonomous définie dans le cadre HAT. Cette classification est visible pour toute personne qui configure ou gouverne le produit, et ne peut rester une documentation interne à l’équipe technique.

Niveaux d’autonomie

  1. Passif

    Comportement de l’IA
    L’agent IA s’exécute en mobilisant les outils et ressources sollicités par l’utilisateur afin d’atteindre l’objectif clairement exprimé par celui-ci.
    Rôle de l’humain
    Valide la pertinence de la réponse/action
    Exemples
    Réponse directe
  2. Contextuel

    Comportement de l’IA
    L’assistant IA sélectionne, parmi les outils et ressources à sa disposition, ceux nécessaires à l’atteinte de l’objectif clairement exprimé par l’utilisateur. Il exploite également les informations disponibles dans le contexte pour adapter son exécution.
    Rôle de l’humain
    Valide la pertinence de la réponse/action
    Exemples
    • Autocompletion des questions
    • L’agent orchestrateur dirige la question vers l’agent IA le plus adaptée pour y répondre à partir de l’intention de l’utilisateur
  3. Proactif

    Comportement de l’IA
    L’agent IA propose de manière proactive des actions qu’il juge pertinentes au regard du contexte, sans qu’elles aient été explicitement demandées par l’utilisateur.
    Rôle de l’humain
    Leur exécution reste soumise à la validation de l’utilisateur, qui conserve le contrôle et vérifie le résultat obtenu.
    Exemples
    L’agent IA suggère la commande d’une pièce de maintenance qui est en rupture de stock après une intervention.
  4. Autonomous

    Comportement de l’IA
    L’agent IA détermine et exécute de manière autonome les actions nécessaires à l’atteinte de l’objectif, sans solliciter systématiquement la validation de l’utilisateur. Il adapte son plan d’action en fonction du contexte et des résultats obtenus, dans les limites et règles qui lui sont définies.
    Rôle de l’humain
    L’utilisateur conserve la visibilité du raisonnement du système et la possibilité de superviser, d’interrompre ou de reprendre le contrôle de l’exécution.
    Exemples
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Guideline 01 : Rendre visible le niveau d’autonomie de l’agent IA

Rendre accessible et visible le niveau d’autonomie du système pour que l’utilisateur comprenne ce que l’agent IA peut exécuter seul et ce qui nécessitera une validation.

Exemple

Afficher dans les paramètres le niveau d’autonomie des agents IA sur les différents uses-cases

Guideline 02 : Minimiser les sollicitations humaines sur les actions réversibles et/ou peu sensibles

Le niveau d’autonomie de l’agent et la friction imposée à l’utilisateur doivent être proportionnels à l’enjeu de l’action. Plus une action est peu risquée, réversible et sans conséquence pour des tiers, moins l’agent ia solicite l’utilisateur pour une validation. L’objectif est d’éviter à la fois les validations inutiles pour les actions anodines.

Exemple

Un technicien signale qu’une machine présente une anomalie. L’agent peut analyser les données disponibles, consulter l’historique de maintenance et proposer un diagnostic ou un brouillon de rapport sans demander de confirmation à chaque étape. En revanche, lorsqu’il s’apprête à modifier un paramètre de fonctionnement de la machine, il doit introduire davantage de contrôle avant d’agir.

Guideline 03 : Maintenir une validation humaine sur les actions irréversibles et/ou sensibles

Toute action critique, sensible ou difficilement réversible nécessite une validation humaine explicite, indépendamment du niveau d’autonomie accordé à l’agent.

Exemple

L’envoi d’une communication officielle, ou la modification d’un dossier légal ou financier sont des cas critique ou irréversible qui nécessite une validation humaine explicite obligatoire, indépendamment du niveau d’autonomie configuré.

Guideline 04 : Adapter la puissance du système aux besoins des requêtes

Le système route chaque requête vers le modèle ou mécanisme le mieux calibré à son niveau de complexité. Les besoins complexes accèdent à des modèles d’IA avec une grande capacité de calcule. Les besoins simples activent des plus petits pour une meilleur gestion des tokens. Ce choix est visible et justifié auprès de l’utilisateur.

Exemple

  • Une recherche simple dans une base de donnée sera traitée par un SLM (Small Langage Model)
  • Une écriture de rapport sera traité par une LLM (Large Langage Model)

Guideline 05 : Donner la possibilité à l’organisation cliente d’ajuster le niveau d’autonomie, au besoin

Une collectivité, un établissement de santé ou un établissement scolaire peut abaisser le niveau d’autonomie d’une fonctionnalité donnée pour l’adapter à sa propre tolérance au risque, sans nécessiter un nouveau cycle de développement.

Exemple

Une collectivité peut configurer un agent IA de traitement de courrier pour qu’il reste au niveau Contextuel, même si le produit propose par défaut un niveau Proactif.